mon corps

en neuf parties

von

„On ne peut pas descendre deux fois dans le même fleuve“, écrivit Héraclite. Quand l’homme a voulu imiter ses expériences, ses mémoires des choses vécues, il a inventé la narration qui ne ressemble pas aux choses vécues. Il a fait ainsi du surréel tout en sachant et en acceptant les conséquences. Se souvenir n’est plus reconnaître ce qui était déjà inscrit dans ce tableau de cire que nous portons du moins depuis l’invention de cette métaphore par Descartes ou ces prédécesseurs caché derrière notre front.
„A ceux qui descendent dans les mêmes fleuves surviennent toujours d’autres et d’autres eaux“, autre belle sentence d’Héraclite qui nous révèle la nécessité du changement universel et continu dont nous faisons l’expérience quotidienne si nous acceptions la vie au réalité de sa dynamique. Ce changement a aussi ses impacts sur notre mémoire.
Se ressouvenir de son corps et des traces de sa propre vie dont il est le support signifie donc aussi rendre visite à la mémoire et la réviser. Ainsi Federman, comme toujours, nous donne ici une ou plusieurs des possibles histoires de son corps et de ses cicatrices seraient-elles chirurgiques ou civilisatrices.